Fran├žais

Novembre 2016, 10 ans d’OTPMD.

Vincent Bertholet, toujours aussi déterminé, réalise enfin son vieux rêve d’un « vrai » orchestre. Naît ainsi le projet d’élargir l’horizon connu. L’orchestre devient XXL en convoquant des complices de la première heure, jamais vraiment perdus de vue, et une section de cordes anglaises croisées sur les routes.

Sur scène ils seront dorénavant 14. Tournée anniversaire, scènes prestigieuses et squats rafistolés, agitation effrénée comme aux premiers jours, et le chœur plus large, plus percussif que jamais.

L’hydre à têtes multiples donne de la voix en concert et pèse de tout son poids sur les frêles plateaux qui l’accueillent. Pourtant, c’est en studio qu’il va forger le socle d’une nouvelle aventure. Retour en Angleterre, dans l’imposante et magnifique bâtisse qui abrite les studios Real World. Après Rotorotor (2014), John Parish est de nouveau de la partie.

Sauvage Formes, c’est son titre, astucieux, car ici tout est aussi géométrique qu’organique. Les rythmiques incisives, doublées en XXL, marque de fabrique de la meute, s’enlacent avec les cuivres inhabituellement mélancoliques. Les riffs de guitare s’expriment en cascades minimalistes, et puisque le nombre de cordes a triplé, elles s’offrent le luxe de se tresser les unes aux autres, comme une étreinte charnelle sans épilogue.

Les voix, plus nombreuses qu’à l’accoutumée, récitent, scandent, mènent la danse et poétisent, tantôt en français, tantôt an anglais, et, dans un même élan, le chœur en profite pour façonner le fronton d’hymnes à l’ailleurs.

Il semble donc bien question, à la traversée de ces 8 chansons aussi belles qu’aventureuses, d’un récit du voyage, d’un carnet de bord écorné. Pourtant, à l’horizon, ni bateau, ni coucou de fortune, pas non plus de carte ni de boussole.

Serait-ce parce que le continent qui est évoqué dans ces textes et ces mélodies n’est pas lieu connu, mais plutôt un monde rêvé, une terre d’asile pour les frondeurs et les insoumis, pour les audacieux et les bienveillants ?

Le quatrième album de l’Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp est à l’image d’une route, d’un dessein, d’un idéal de vies partagées et partageables. Et l’écriture de cette musique est comme la défense d’un front de mer imaginaire, comme un acte témoin d’une destinée entrelacée, d’une aventure hors du commun. L’histoire d’un orchestre sans chambre, d’un bataillon sensible, à la générosité illimitée, d’une forme sauvage qui n’a jamais eu besoin de maitre pour dompter son imagination et sa détermination.

English

November 2016, 10 years of OTPMD.
Vincent Bertholet, still resolute, finally realises his old dream of a ‘real’ orchestra. And thus was born the project to expand the known horizon. The orchestra became XXL by assembling accomplices from the first hour, who had never really disappeared from view, and an English string section met along the way.

From now on, they will be 14 on stage. An anniversary tour, prestigious stages and makeshift squats, unrestrained agitation as in the first days, and a larger chorus, more percussive than ever.
The multi-headed Hydra gives voice in concert and the frail stages that host it groan under its weight. Nevertheless, it is in the studio that the foundation of a new adventure is forged. Back to England, in the imposing and magnificent building that houses Real World Studios. After Rotorotor (2014), John Parish is again at the controls.

It’s called Sauvage Formes, a shrewd title, because everything here is as geometric as it is organic. The incisive rhythms, doubled in XXL, trademark of the pack, mingle with the unusually melancholy brass. The guitar riffs express themselves in minimalistic cascades, and since the number of strings has tripled, they allow themselves the luxury of entwining with each other, like a carnal embrace without epilogue. The voices, more numerous than usual, recite, chant, lead the dance and poeticise, sometimes in French, sometimes in English, and, in the same spirit, the chorus takes the opportunity to shape the pediment of hymns to elsewhere.

On crossing these 8 songs as beautiful as they are adventurous, it seems to be a story of a voyage, a torn logbook. On the horizon however, neither boat, nor rickety plane, neither map nor compass. Is it because the continent that is mentioned in these texts and melodies is not a known place, but rather a dream world, a land of asylum for rebels and the insubordinate, for the daring and the benevolent?

The fourth Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp album is like a road, a purpose, an ideal of shared and shareable lives. And the writing of this music is like the defences of an imaginary seafront, like an act witnessing an intertwined destiny, an extraordinary adventure. The story of a chamberless orchestra, a sensitive battalion of unlimited generosity, a wild form that never needed a master to tame its imagination and determination.

Soutiens

OTPMD's strings play with Schertler pick-ups.